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Qu'est-ce que le biodiésel ?

Le biodiésel est un biocarburant biodégradable, non toxique, produit à partir de ressources renouvelables (huiles végétales, huiles de friture recyclées ou gras animal) et qui ne contient aucun produit pétrolier mais qui peut servir à remplacer le pétrodiésel dans les moteurs diésels. Il peut être utilisé pur à 100 % (B100) comme carburant de remplacement mais on l'utilise le plus souvent mélangé au pétrodiésel dans des concentrations de 2 % (B2), 5 % (B5) et 10 % (B10). À la différence de certains autres biocarburants, il ne nécessite aucune modification ni ajustement, que ce soit au niveau du moteur, des composantes du système d'alimentation ou du système de stockage du carburant.

De l'huile végétale dans le moteur, est-ce du biodiésel ?

NON. Bien que fabriqué à partir des mêmes matières premières, le biodiésel diffère de l'huile végétale-carburant parce qu'il résulte d'un procédé chimique qui lui permet d'être utilisé sans danger dans les moteurs diésels. De manière plus spécifique, il s'agit d'un ester méthylique obtenu par réaction chimique (selon un procédé appelé transestérification) avec un alcool léger et des matières grasses. En plus, le biodiesel doit satisfaire des normes strictes de qualité pour pouvoir alimenter un moteur diesel.
Tableau : différences entre le biodiésel et l'huile végétal-carburant

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Les normes de qualité

Afin que les camionneurs (ou automobilistes roulant en diesel) puissent compter sur un carburant de grande qualité qui leur garantira une performance semblable qu’avec un carburant diésel traditionnel, les organismes de normalisation reconnus ont développé des normes de qualité spécifiques pour le biodiésel. En l'absence d'une norme canadienne pour le B100, le Canada applique la norme américaine ASTM D6751 établie par l'ASTM International depuis 1999. Cette norme est mise à jour régulièrement avec la version ASTM D6751-9a (depuis 2009) et est reconnue à travers le monde au côté de la norme européenne EN 14214. Depuis avril 2005, la norme canadienne CAN/ONGC 3.520 (Office des normes générales du Canada) s'applique aux mélanges de B1 à B5. L'application rigoureuse de ces normes par les producteurs et les distributeurs de biodiésel permet de préserver les utilisateurs de tout problème opérationnel lié à l'utilisation dudit carburant.

Mais encore faut-il s'assurer que le produit commercialisé sous l'appellation biodiésel respecte scrupuleusement ces normes. Sur ce, le National Biodiesel Board (NBB) propose un cadre de renforcement de la qualité qui s'adresse à l'industrie : le programme BQ-9000. Ce programme coopératif volontaire est une combinaison unique en son genre de la norme ASTM pour le biodiésel, ASTM D 6751-9a, et d'un programme de contrôle de qualité qui inclut l'entreposage, l'échantillonnage, les essais, le mélange, l'expédition, la distribution et les techniques de gestion des carburants. BQ-9000 comporte deux niveaux d'accréditation : producteur accrédité et distributeur certifié. Tous les fabricants, commerçants et distributeurs de biodiésel et de mélanges des États-Unis et du Canada peuvent adhérer à ce programme.

Le Conseil québécois du biodiésel appuie le programme BQ-9000, incite les producteurs et les distributeurs à y adhérer et encourage les utilisateurs à l'exiger lors de l'achat de biodiésel au Québec.

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Le biodiésel et les lois concernant les taxes
sur les carburants

Depuis le 1er avril 2008, le gouvernement du Canada n'exempte plus le biodiésel de la taxe d'accise (4 ¢ le litre) mais a mis en place une série de mesures incitatives à la production (voir plus bas).

Pour Revenu Québec, tout combustible gazeux ou liquide qui n'est pas de l'essence et qui peut servir au chauffage ou à l'alimentation d'un moteur à combustion interne, à l'exception du gaz naturel, tombe sous la définition générique de mazout. Que ce soit l'huile qui sert pour le chauffage, le diésel qu'on utilise dans les camions, les tracteurs et les voitures, le biodiésel ainsi que l'huile végétale-carburant, etc., tous ces produits sont considérés comme du mazout aux termes de la loi. Il faut toutefois savoir que ces produits ne sont pas assujettis également au paiement de la taxe sur les carburants (L.R.Q.T-1) de 0,182 $ le litre.

En effet, le mazout coloré utilisé pour des fins de chauffage est exempté de la taxe. Pour certains usages hors-route, il est permis d'utiliser du mazout coloré (exempt de taxe) dont entre autres pour les machines outils, les machines agricoles, les bateaux et les bateaux de pêche. Par ailleurs, tout mazout utilisé pour alimenter un moteur propulsif est obligatoirement taxable à 0,182 $ le litre.

À la suite du discours sur le budget du 23 mars 2006, une nouvelle mesure est entrée en vigueur afin de favoriser l'utilisation du biodiésel en tant que carburant renouvelable permettant de réduire les émissions polluantes et pouvant contribuer à réduire les gaz à effet de serre. Ainsi, on peut obtenir le remboursement de la taxe sur les carburants payée lors de l'acquisition de biodiésel. Un remboursement de taxe visant les mélanges de biodiésel vendu en gros à la rampe de chargement est envisagé si des compteurs sont mis en place pour que la quantité de biodiésel contenue dans un mélange soit clairement identifiée lors du chargement. Vous trouverez des renseignements plus détaillés ainsi qu’un formulaire de demande de remboursement sur le site de Revenu Québec.

Il faut spécifier en terminant que le biodiésel utilisé en remplacement de mazout coloré pour des usages agricoles ou marins par exemple, n’est pas exempté de la taxe (contrairement au produit qu’il remplace). Il est toutefois admissible à une demande de remboursement.

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Les mesures incitatives

Le principal obstacle à l’implantation du biodiésel est son prix puisqu’il est en général plus cher que le pétrodiésel. Pour bénéficier des réductions d’émissions de GES que le biodiésel permet, les gouvernements ont mis en place diverses mesures pour soutenir l’industrie ou créer la demande (décrets, crédits d’impôts ou détaxes)). Quelques provinces (Ontario, Colombie-Britannique, Nouvelle-Écosse et Manitoba) exemptent le biodiésel de la taxe provinciale sur les carburants (variant de 14,3 ¢ / litre à 21,5 ¢ / litre, selon les provinces). Pour sa part, le Québec accorde un remboursement de la taxe sur le carburant diésel (18,2 ¢ / litre) pour l’achat de biodiésel pur (B100).

Le 20 octobre 2006, le Gouvernement du Canada a annoncé une mesure incitative qui vise à aider les producteurs agricoles canadiens à tirer profit des possibilités associées aux biocarburants. L'initiative de développement coopératif (IDC) vise la création de coopératives agricoles de production de biocarburants, notamment en leur accordant jusqu'à 40 000 $ de financement. Ce programme est géré au Québec par le Conseil pour le développement de l'agriculture du Québec (CDAQ).

Le 1 Septembre, 2010, le Ministère de l’Environnemtn du Gouvernement du Canada a publié le Règlement sur les Carburants Renouvelables. Ce Règlement impose une moyenne annuelle nationale de 2% de biodiesel aux raffineurs et importateurs de diesel.

De plus, le gouvernement fédéral a mis en place deux programmes pour aider l'industrie à atteindre cet objectif :

  • L'Initiative pour un investissement écoagricole dans les biocarburants (IIEB) d’Agriculture et Agroalimentaire Canada est un programme fédéral pluriannuel de 200 millions de dollars qui prendra fin le 31 mars 2011 et qui accorde des contributions remboursables pour la construction ou l'agrandissement d'installations de production de biocarburants de transport. Pour l'obtenir, les producteurs agricoles doivent s'engager à investir dans les projets de production de biocarburants et à utiliser des matières premières agricoles pour produire les biocarburants. Pour en savoir plus sur ce programme ».
  • Le programme écoÉNERGIE pour les biocarburants de Ressources naturelles Canada – Office de l’efficacité énergétique (RNCan–OEÉ) investira jusqu'à 1,5 milliard de dollars sur 9 ans pour stimuler la production au Canada des carburants renouvelables, tels que l'éthanol et le biodiésel. Le programme rendra l'investissement dans les installations de production plus intéressant par la compensation partielle du risque associé aux prix oscillant de la charge d'alimentation et du carburant. Les paramètres du programme sont toujours en cours d’élaboration, pour en savoir plus »

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Expérimentations au Québec : un carburant
qui a fait ses preuves


Ces dernières années, le biodiésel a été expérimenté avec succès au Québec notamment dans les projets BIOBUS, BioMer et BioPêche. Il fait actuellement l'objet d'une autre expérimentation dans le secteur de la marine marchande avec le projet BioShip. Le secteur agricole a également été mis à contribution grâce à un projet-pilote des Pétroles Sonic. Ces projets ont démontré que le biodiésel peut non seulement être utilisé dans des régions nordiques comme le Québec mais peut aussi jouer un rôle important dans l’amélioration de la qualité de l’air et de la diminution des gaz à effet de serre, responsables des changements climatiques.

Le biodiésel est facile d’utilisation et ne nécessite aucune modification aux infrastructures de livraison et de distribution de carburant ni aux moteurs des véhicules qui l’utilisent. Il peut également être utilisé sans problème pour le chauffage des espaces, comme biomazout.

Malgré ses perspectives très prometteuses, le biodiésel demeure méconnu au Québec et son marché reste embryonnaire comparativement aux États-Unis et à l’Europe. Mais les choses changent. Un des signes de cette évolution est l'inauguration, au Québec, de la première usine d’envergure commerciale au Canada (Rothsay Biodiésel, 2005). De plus en plus d’utilisateurs, notamment les municipalités et les sociétés de transport en commun, s’intéressent à ce carburant renouvelable et souhaitent y convertir leurs parcs de véhicules. Les gouvernements aussi, préoccupés par l’atteinte des objectifs du Protocole de Kyoto, cherchent des moyens pour encourager son utilisation à plus grande échelle.

Avantages du biodiésel

  • Produit moins d'émissions de GES que le pétrodiésel, sur la base du cycle de vie. L’ampleur de la réduction dépend toutefois de la biomasse utilisée et de la valorisation des matières résiduelles. Selon le modèle GHGenius, le biodiésel pur fait à partir de graisses animales équivaut à une réduction de 97,7 % de CO2 équivalent par rapport au pétrodiésel. Celui produit à partir d’huiles de friture recyclées réduit de 87,9 %. Le biodiésel produit à partir de l’huile de canola et de soya réduit respectivement de 70,9 % et de 63,0 % tandis que celui à base d’huile de poisson permet une réduction de 35,9 %.
  • Étant un solvant léger, il nettoie et maintient propres le réservoir, les conduits et le système d’injection des véhicules.
  • Même à faibles concentrations, réduit l’usure du moteur en raison de son onctuosité (le pouvoir lubrifiant du carburant) qui est de beaucoup supérieure à celle du pétrodiésel. Peut s’avérer un additif intéressant pour le diésel ultra faible en soufre (DUFS).
  • Permet une meilleure combustion et une meilleure aptitude à l’allumage en raison de l’indice de cétane (l’équivalent de l’indice d’octane pour l’essence) nettement plus élevée que le pétrodiésel.
  • Permet la valorisation des matières résiduelles, surtout pour le biodiésel produit à partir de résidus d’abattoirs et d’huiles de friture recyclées.
  • Favorise le renouvellement biologique. Provenant de la biomasse, son approvisionnement est assuré localement et chaque année par de nouvelles récoltes ou par la récupération de nouvelles matières résiduelles.
  • Respecte l’environnement, puisque le biodiésel est considéré peu toxique et fortement biodégradable. (Il est 10 fois mois toxique que le sel de table).
  • Augmente la sécurité d’approvisionnement et l’indépendance énergétique par rapport aux produits pétroliers.
  • A un impact positif sur la santé publique, parce qu’il réduit de beaucoup les émissions de particules et autres polluants qui constituent une menace pour la santé des enfants, des personnes âgées et des personnes qui souffrent de maladies respiratoires.
  • Agit positivement sur la croissance économique et la création d'emplois à l'échelle régionale, particulièrement dans les collectivités rurales auxquelles il offre de nouveaux débouchés et occasions de marché. La mise en place d'une importante industrie du biodiésel créerait de nombreux débouchés pour les agriculteurs, ainsi que des emplois liés à la construction et aux opérations dans les usines de production.

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Les producteurs

Rothsay Biodiésel

Cette entreprise de Ville Sainte-Catherine, sur la Rive-Sud de Montréal, a ouvert en 2005 la première usine d'envergure commerciale au Canada, avec une production de 35 M de litres par année. Filiale d'Aliments Maple Leaf, Rothsay Biodiésel produit deux types de biodiésel, l'un à base de graisses animales et l'autre à base d'huiles et de graisses de friture recyclées. Dans les deux cas, le biodiésel produit respecte les spécifications de la norme D6751-9a de l'ASTM International.

Rothsay compte augmenter sa production de biodiesel à 60 ML/an à partir de 2012.

Site Internet : www.rothsaybiodiesel.ca


Biocardel Québec

BIOCARDEL QUÉBEC est située à Richmond et produit du biodiésel et du glycérol de qualité supérieure. L’usine possède une capacité de production de 13 millions de gallons de biodiésel certifié ASTM et de 2,6 millions de gallons de glycérol (BTU certifié) utilisé pour le chauffage.

Site Internet : www.biocardel.ca/francais/quebec.htm


QFI Biodiésel

QFI Biodiésel est une entreprise québécoise productrice de biodiésel située à Saint-Jean-sur-Richelieu. Le biodiésel produit est conforme aux normes ASTM et il est obtenu en recyclant les différents déchets de l’industrie alimentaire et agricole tel les huiles de fritures usée et le grain avarié.

Site Internet : www.qfibiodiesel.com

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Les distributeurs

Un réseau de distribution du biodiésel est en voie de s'implanter au Québec. Ainsi, les Pétroles Sonic (La Coop fédérée), en association avec les terminaux Norcan de Montréal, commercialisent le biodiésel pour utilisation dans le secteur agricole dans les régions de Trois-Rivières, Victoriaville, Drummondville et Saint-Hyacinthe.

Pour sa part, Canterm terminaux canadiens (Division de TranMontaigne) a récemment adapté ses terminaux pétroliers à Montréal et à Québec pour l'entreposage et le mélange par injection du biodiésel et Olco (Division de TransMontaigne) a débuté en novembre 2007 la commercialisation du produit pour les sociétés de transport en commun.

La vente au détail

Le biodiésel est maintenant offert à la pompe jusqu'à des concentrations de 5 % dans plus de 133 stations-service au Québec (97 sous la bannière Sonic et 36 sous celle d'Olco).

Les utilisateurs

Au Québec, les utilisateurs de biodiésel sont encore peu nombreux, mais les choses sont en train de changer. En mai 2007, Victoriaville devenait la première municipalité du Québec à convertir son parc de véhicules municipaux au biodiésel. La Société de transport de Montréal (STM) utilise du B5 dans son parc de 1 600 véhicules depuis la fin de 2007, de même que le parc de 225 véhicules de la Société de transport de Laval (STL) depuis le premier janvier 2008. À la fin de 2008, le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a également emboîté le pas.

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